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Group Show: Vue (imprenable) sur mer


  • Galerie Odile Ouizeman 10-12 Rue des Coutures Saint-Gervais Paris, Île-de-France, 75003 France (map)
Horizon  Neil Lang 2015 60 x 160 cm Polyptyque x 5 Ed.6 2 EA

Horizon Neil Lang 2015 60 x 160 cm Polyptyque x 5 Ed.6 2 EA

L’été. Tant attendu…

Il convoque nos attentes, nos fantasmes, les espoirs de « renaissance » en un mot, les vacances !
On ne pouvait s’abstenir de célébrer 1936 et les congés payés.
Les vacances ; migration autorisée !
On bouge, on va vers la mer…
On est dans l’attente d’un horizon, d’une Vue Imprenable.
Et pourtant il est parfois possible qu’on se heurte au réel…
Cette exposition, conçue comme une parenthèse, est l’invitation au déplacement.
Chaque œuvre est un pied de nez, une subtile caricature, une interpellation à regarder avec humour, un réel parfois étrange voire inquiétant…
Que le voyage commence !
Tout d’abord Sylvain Ciavaldini nous convie en mer d’Ukraine. Il établit une collision entre une gravure du moyen-âge représentation de l’arche de Noé, une coque de noix dorée à l’or fin et la photo contemporaine d’un endroit déserté, base de lancement de sous-marins soviétiques. Le regard se perd dans ce tracé, dans ces lignes qui soulignent et restituent des vestiges menaçants.
« Toi qui entre ici abandonne tout espérance ».
Au passage on se heurte à un Sloganus : « Copulo ergo sum. »
Une injonction aux couleurs dantesque, la divine comédie humaine. Une plaque marmoréenne faisant ironiquement écho à l’emploi d’un « latin de cuisine ». Une langue morte ressuscitée et se mettant à la portée des moins avertis, pour peu qu’ils sachent lire entre les lignes. Sabine Pigalle adopte un vocabulaire devenu savant puis tombé en désuétude mais pourtant constitutif du socle de notre langageL’humour pour souligner également l’érotisation générale et le manque de pudeur de nos sociétés modernes décrites par Roland Barthes : « En occident, le sexe est partout, sauf dans le sexe ».

Le parcours se poursuit et nous offre une vision caustique de la mélancolie contemporaine perpétrée par Mazaccio et Drowilal. Le meilleur ami du chien sur fond coloré, un coucher de soleil au bord de l’eau souvent perçu comme l’Eldorado contemporain.

Puis c’est au tour de Neil Lang qui scinde l’horizon et nous entraîne à retrouver un ordre dans le chaos. Dans un univers en perpétuel mouvement un clin d’œil pour nous rappeler que tout est une question de point de vue.

Miami ! un banal film de vacances à la différence près qu'il a été passée par le shaker de l'ordinateur. Le tout a été modélisé et se présente sous l'aspect d'un film d'animation 3D.
L'enregistrement du réel passe désormais par le virtuel. Les Kolkoz parviennent à chroniquer l'esprit du temps dominé par les médias et la bulle internet.
 
Viennent alors les plongeurs en suspens de Stephan Crasneanscki. Un saut dans le vide loin de celui qu’Yves Klein voulait expérimenter. Une trouée dans l’espace racontant la frénésie d’Ibiza.

La serviette éponge que détourne Nicolas Momein donne une résonnance nouvelle à ce matériau trivial. De nouvelles formes se créent, un tissu de coton qui devient une stèle. Encore un coucher de soleil à regarder autrement.
Florian Viel n’a pas besoin d’utiliser des signes chargés de sens pour réaliser une œuvre qui trouble l’esprit. Sculpture pour fenêtre ou sculpture pour observer discrètement la piscine de ses voisins nous exhorte à devenir voyeurs, à questionner le songe, le fantasme, le désir.
Et comme dans les vacances, la perspective du retour est aussi en jeu, Florence Reymond déploie les couleurs exaltantes d’une scène de plage troublante d’Avant le tremblement de terre